• IEF : les questions à se poser

    IEF : les questions à se poser

    Suite à mon article ici sur les raisons qui nous ont conduites à l’ief, j’ai reçu plusieurs commentaires, plus ou moins positifs. J’ai compris que j’aurais peut-être dû commencer par parler du cheminement qui nous a emmené à cette décision afin de montrer que notre décision n'a pas été prise à la légère.

    En gros, on ne s’est pas dit un soir : « bon, y’a des enfants qui embêtent ma fille, y’en a marre, on les sort de l’école et puis voilà ! Ils joueront toute la journée et au moins seront heureux ! »

    Non, pas du tout… tout a commencé il y a un peu plus d’un an et demi. Comme expliqué dans l’article précédent, l’école est devenue difficile pour Loulou, alors en petite section (deuxième année d’école car il avait fait une toute petite section). Au bout d’un mois où les pleurs et refus d’aller à l’école ne cessaient pas, le chemin vers l’ief a petit à petit commencé à se faire.

    Je vais vous parler des questions que nous nous sommes posées. J’en oublie sûrement, mais si vous êtes en période d’hésitation pour vous lancer en ief ou pas, je vous conseille de vous poser toutes ces questions (entre autres) avant ! Car ce n’est pas une décision de facilité, au contraire ! Et démarrer sur un coup de tête risque  de vous faire tomber de haut très vite….

     

    La réflexion et la recherche :

    Je n'ai pas tout de suite envisagé l'école à la maison. Nous avons d'abord tenté plusieurs choses pour rassurer, apaiser, motiver, encourager Loulou, pour que l'école se passe bien. Rien n'a fonctionné (Je précise que nous avons aussi essayé de parler fermement). Il pensait qu'il n'y avait pas d'autres options à la scolarisation.

    Vu que rien ne fonctionnait, j’ai cherché sur internet des écoles alternatives, qui pourraient mieux convenir à nos enfants. Parce qu’à ce moment là, Choupinette était en grande section, mais à l’école primaire. Et on leur en demandait beaucoup trop à mon goût, on leur demandait d’être « grand » au lieu de les laisser profiter des joies d’être un enfant.

     

    Les écoles alternatives sont rares, éloignées de chez nous et surtout très chères. J’ai cherché autre chose.

    J’ai commencé à m’intéresser à la création d’une école alternative. Mais après avoir lu beaucoup de choses, j’ai vite compris que je ne serai pas capable d’accomplir une telle chose.

    Et puis mes recherches m’ont amenées à l’instruction en famille. J’étais déjà convaincue des bienfaits de ce mode de vie, mais papa n’était pas de cet avis. Mais je n’ai pas poussé la discussion, pas essayé de le convaincre. Nous avons décidé de voir comment allait évoluer l’année…

    Là mon explication ne prend que quelques lignes, mais en réalité, toutes ces recherches se sont étalées sur un mois ou plus, je ne me souviens plus.

     

    Bref. L’année s’est terminée sans aucune évolution positive…. Et l’année suivante a commencé aussi catastrophiquement que la fin de la petite section. Les deux premiers mois d’école, j’ai repris mes recherches ief, et ai commencé a essayer de convaincre papa. Voyant le mal-être de Loulou au quotidien, l’idée a fait son chemin dans sa tête. Puis il m’a énoncé ses craintes (car oui nous en avions) et j’ai réussi à les apaiser. Après les vacances de Toussaint, Loulou n’est pas retourné à l’école. Choupinette elle, allez savoir pourquoi, a voulu continuer. Pourtant elle ne se sentait pas bien à l’école, mais je pense qu’elle avait peur de ce gros changement.

    Les compétences :

    Ai-je le niveau pour instruire moi-même mes enfants ?

    Ce fut la première réflexion que je me suis faite. Ayant une confiance en moi très limitée, je me suis d’abord dit que non. Mais au fond, je sentais bien que oui.

    J’ai regardé les programmes et je me suis dit que je pourrais assurer au moins jusqu’au cm2. Pas sans appréhension quand même, car c’est une grosse responsabilité. Mais je me suis aussi dit que je pourrais avancer à leur rythme, et donc forcément mieux que dans une classe de 25 ou 30 élèves. Je pourrais me concentrer sur leurs difficultés, même s’il faut y consacrer plusieurs semaines.

    Enseignante est un métier, je ne le nie pas. Mais je pense aussi sincèrement qu’il ne faut pas nécessairement avoir fait bac+7 pour instruire des enfants de primaire.

    J’ai forcément quelques lacunes, mais je ré-apprendrais en même temps que les enfants. Je ne me fais pas de soucis là-dessus. On pourra même voir des choses qui ne sont pas au programme, mais qui les intéressent, ce qui est impossible en classe, forcément.

    Ai-je les qualités humaines qu’il faut ?

    Là pour moi, il n’y avait pas photo, étant donné que je ne suis pas en accord avec les méthodes de l’éducation nationale.

    Je suis patiente, bienveillante au maximum, et je sais me questionner et remettre en question ma façon de faire pour m’adapter aux besoins de mes enfants.

     

    La sociabilisation :

    Ils ne verront plus d’enfants ?

    Alors c’est, je crois, ce que j’ai le plus entendu au sujet de l’ief. Et je comprends ces craintes. Beaucoup de personnes imaginent qu’en instruction en famille on reste à la maison presque tout le temps. Mais en fait non ! Ce choix de vie ouvre justement plus de portes de sociabilisation. Et pas uniquement avec des enfants de même année de naissance qu’eux…

    Concrètement, en ce qui nous concerne, où vont-ils voir d’autres enfants ?

    Au sport pour commencer, le mercredi et le samedi.

    Puis tous les enfants de l’association de parents ief où nous allons. Des sorties sont organisées très régulièrement en extérieur, et une fois par semaine nous nous retrouvons dans une salle où les enfants peuvent jouer ensemble, et les parents papoter !

    Ils vont également à la ludothèque, à la médiathèque, au parc…

    Et enfin il y a la famille, les amis, les voisins…

    Comme vous le constatez, les occasions de se sociabiliser sont nombreuses ! Et à mon sens, plus riches qu’en étant à l’école 5h30 par jour…

     

    Le coût :

    Ça coûte cher l’ief ?

    C’est un point non négligeable à étudier !! Parce que même si instruire en famille ne coûte pas forcément très cher (sauf si vous prenez des cours par correspondance), un des deux parents doit, dans la majorité des cas, faire le choix de ne pas travailler. Donc il faut pouvoir vivre sur un seul salaire.

    C’est vraiment un choix de vie qui appartient à chacun ! Nous ici, nous avons toujours préféré vivre très modestement mais offrir une vie, une éducation, que nous estimons la meilleure pour nos enfants.

    Donc voilà, il faut compter vivre sur un seul salaire. Il faut également savoir qu’en étant instruit à la maison, on ne peut pas bénéficier de la prime de rentrée scolaire, ce qui fait une entrée d’argent conséquente en moins. Mais il faudra quand même acheter le matériel scolaire, les manuels, les livres. Il faudra payer les sorties, les visites, le sport etc… donc c’est un aspect très important à étudier avant de se lancer.

     

    Et moi dans tout ça ?

    Comment distinguer mon rôle de maman et mon rôle d’enseignante ?

    Encore une fois, chacun choisi son mode d’instruction. L’ief, c’est la liberté d’instruction, donc chaque famille a sa façon de faire.

    Ici, je n’ai pas de rôle d’enseignante. Je suis une maman toute la journée, qui les aide à apprendre le programme scolaire. Mais l’enseignement se fait du matin jusqu’au soir, pas seulement pendant la période de « travail ».

    Je suis donc une maman qui enseigne. Mais au fond, comme toutes les mamans non ? ^^

     

    Et s’ils ne veulent pas travailler, je fais comment ?

    A la maison, nous tentons d’appliquer une éducation positive et bienveillante. Et donc ce sera pareil pour la partie instruction. Cela se fera sans punition, sans menaces et sans récompenses.

    S’ils ne veulent pas travailler, je leur rappelle le contrat, et ensuite j’essaie de comprendre la raison. S’ils sont fatigués ou un peu malade, et bien on le fera l’après-midi. S’ils se sentent vraiment pas bien, on ne travaillera pas ce jour là sur papier, mais on lira des livres, on regardera des reportages, on fera des jeux de société éducatifs ! Il y a 1001 solutions !

     

    Est-ce que je ne vais pas « étouffer » en restant tous les jours avec les enfants ?

    C’est une question très importante à se poser avant de se lancer. On a beau aimer nos enfants plus que tout, certains ne supporteraient pas de les avoir tous les jours de l’année, sans avoir cette coupure de temps d’école. Dans ces cas là, une instruction en famille apaisée ne durera pas longtemps…

    En ce qui me concerne, l’avenir nous le dira ! Mais je ne pense pas. Déjà parce que j’adore vraiment être avec mes enfants. Je me sens bien comme ça. Là où j’étoufferais c’est si on restait en permanence à la maison, mais ce n’est pas le cas. Nous sortons, donc je vois et parle avec d’autres adultes, ce qui donne un bol d’air frais.

     

    L’avenir :

    On ne peut pas les couper du monde et les protéger de tout éternellement. Comment vont-ils faire quand il faudra travailler et avoir des horaires, des supérieurs etc ?

    Alors, ils ne seront vraiment pas coupés du monde. Et je ne fais pas ça pour les protéger de tout, ce n’est pas la facilité que l’on a choisi. Par contre, je veux qu’ils sachent que dans la vie, on a le choix. Et que quand quelque chose nous rends malheureux, on cherche une solution pour améliorer ça.

    Je veux que si plus tard ils ont un chef détestable qui leur parle comme à un chien, ils osent le remettre à sa place poliment et avec respect. Et non pas qu’ils acceptent tout parce que c’est le chef. Et c’est ce qu’on leur demande de faire à l’école…. La maîtresse dit, tu fais ! ça te dérange, tu n’es pas d’accord, tu trouve ça injuste, rabaissant etc… ben tant pis parce que c’est la maîtresse qui l’a dit.

     

    Comment trouveront-ils du travail sans diplôme ?

    L’instruction en famille ne veut pas dire « pas de diplôme ». Ils auront le droit (et non l’obligation) de les passer en candidat libre. Si nous avons la chance d’être encore en ief à ce moment là, et bien ils feront comme ils veulent. Nous les conseillerons, guiderons, mais nous ne les influencerons pas et respecterons leur choix, quelqu’il soit. 

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